Avant de commencer : Karaté Kid et nouvelle façon de voir, de réfléchir et d’être.
Avant de partager mes expériences des semaines 1 et 2 du Mastery Program, je dois absolument expliquer certains principes enseignés qui sous-tendent tout ce qu’on fait dans le programme. J’ai voulu insérer cette partie dans un seul article, mais j’ai réalisé que le sujet est si important qu’il méritait un article à lui seul. Je crois aussi que ces principes peuvent être utiles pour tous les artistes et créateurs.
La Leçon du Karaté Kid
Chaque semaine, je dois suivre l’ordre proposé des capsules et des exercices. Parfois, ils sont moins intéressants et on se demande même à quoi ils servent. Ils semblent si loin de ce qu’on veut réaliser. Mais ils sont utiles! Car stratégiquement, tout s’imbrique et les connaissances se bâtissent les unes par-dessus les autres.
Dans ses leçons, Ellie Milan utilise le film Karaté Kid pour illustrer l’importance de chaque leçon. Elle explique qu’au début, M. Miyagi lui montre comment peindre la clôture et laver la voiture. Il lui fait faire cela à répétition. Mais Daniel (le Karaté Kid) ne comprend pas le lien entre le karaté et ces tâches.
Plus tard, il comprendra que les mouvements qu’il a appris et répétés sont désormais enregistrés dans sa mémoire musculaire et que ce sont ces mêmes mouvements qu’il utilise dans ses leçons de karaté.
Lorsque je lis le plan de cours, il y a beaucoup de choses qui ne m’intéressent pas vraiment. Je ne crois pas que je vais faire des modèles vivants, peindre des natures mortes, des villes, des autoportraits, de l’abstrait au graphite et au fusain, etc. Mais je sais et je reconnais que tous ces éléments sont des fondations qui vont m’aider ensuite à matérialiser l’art que je veux créer plus tard.
Une chose à la fois. Jamais on ne brûle des étapes pour répondre à impulsion à court terme comme sauter une leçon qui ne nous intéresse pas dans l’instant présent. Il faut toujours garder à l’esprit notre objectif et notre vision à long terme.
Avoir une vision à long terme est une des meilleures façons de ne pas se laisser distraire par les défis ou difficultés à court terme. C’est le “pourquoi” derrière tout ce que tu fais. C’est la motivation qui te pousse à continuer malgré les défis que tu rencontres.
Les règles d’or
Il y a aussi 2 règles très importantes à respecter pour tirer un maximum des apprentissages :
Respecter le temps alloué aux différents exercices, même si on ne parvient pas à terminer la peinture ou le dessin.
Ne pas viser de résultat ni la perfection, mais plutôt miser sur l’expérience et l’apprentissage
Le respect du temps et ne pas courir après la perfection est ABSOLUMENT crucial. Ces règles simples facilitent beaucoup le lâcher-prise et nous habituent dès le départ à accepter les erreurs et l’imperfection. Mais les erreurs, est-ce que ça existe vraiment?
Déjà, cela nous met dans un esprit et dans un contexte d’exploration. Et comme le Mastery Program dure assez longtemps, c’est une habitude qui a l’occasion de bien s’ancrer et qui sera très bénéfique à long terme dans le processus créatif.
En retirant la pression de devoir terminer à tout prix les peintures et en se permettant de créer des toiles et des dessins imparfaits, cela nous aide à rester entièrement dans le processus et dans l’apprentissage plutôt que de fuir vers la quête de résultat. Aucune attente, que du plaisir.
Les “erreurs” sont absolument nécessaires en art pour avancer, car ce sont ces erreurs qui nous apprennent le plus. En se donnant cette liberté et en n’ayant pas peur du résultat, on peut se permettre d’expérimenter, d’essayer différentes choses sans se retreindre par peur de tout gâcher. Et c’est dans ces moments qu’on développe le plus nos compétences, notre style, notre voix et qu’on a des moments « AHA ».
On dit même que si tu ne créer pas de peintures que tu trouves laides, gâchées ou qui te déplaisent, tu n'iras jamais au bout de ce que tu es capable de faire. Tu ne te donneras jamais l’occasion de découvrir ce que tu peux réellement créer. Après tout, il existe un dicton tout simple qui dit que « Qui ne risque rien n’a rien ».
Parlons maintenant de notre responsabilité personnelle concernant notre vision de l’échec. Ce concept est subjectif, car c’est toi qui décides à partir de quand c'est un échec, et même si ça en est un tout court. Est-ce plutôt un processus, un apprentissage? C'est ta responsabilité de décider comment tu perçois la situation. Laquelle t’est la plus utile pour avancer et laquelle choisis-tu de matérialiser dans ta vie?
”Tout ce que tu crois, tu le créer.”
Cerveau droit ou cerveau gauche?
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de perdre la notion du temps? On dirait que tu ne penses à rien, on dirait même que les frontières entre ton corps et ce qui t’entoure sont rendues floues? Tu te sens bien et léger. Tu es simplement « In The Zone » (oui, oui, comme le nom de ma collection de peintures abstraites!). Il y a de fortes chances que tu expérimentais le cerveau droit à ce moment.
Pourquoi le cerveau droit est si important en art? Car c’est lui qui nous permet de mieux ressentir, de se connecter à nos émotions, d’imaginer des choses nouvelles, d’aller en dehors de nos sentiers battus, de rester dans le moment présent et d’écouter son intuition. Le cerveau droit ne réfléchit pas en « mots ». Il voit le mouvement, les lignes, les formes, les ombres et lumières.
Le cerveau gauche, lui, est plutôt calculateur, structuré, analytique et mathématique. Il veut à tout prix mettre des mots et générer des concepts pour comprendre ce qu’il voit. Il veut faire des équations et être logique.
Par exemple, le cerveau gauche va voir une fleur rose avec une tige verte alors que le cerveau droit va plutôt voir un amalgame de formes, de lignes, d’ombres et de lumières. Il va voir du rose dans différentes nuances et teintes. Il va aussi voir qu’en plein milieu du pétale, il y a du jaune, même si le pétale est rose. Il va aussi voir que l’ombre projetée est bleue.
Le cerveau gauche simplifie en mots, en concepts, et empêche de voir ces subtilités. Car pour lui, une fleur c’est rose avec une tige verte. Ma fleur ne sera pas très réaliste ni multidimensionnelle.
Mais quand on peint à partir du cerveau droit, on ne pense à rien et on ne se dit pas « je suis en train de peindre une fleur». Même que devant une impasse, on dit souvent que retourner la toile à l’envers peut régler le problème, car ton cerveau gauche ne sera plus capable de réfléchir ni tenter de comprendre ce qu’il voit. Ce sera alors ton cerveau droit qui sera sollicité.
Dans la vie en général, développer l’utilisation de son cerveau droit c’est augmenter sa créativité, son intuition, son empathie, se connecter à ses émotions, encourager l’ouverture et la flexibilité mentale, avoir une perception différente et trouver des solutions inespérées à des problèmes.
Tu veux essayer de « booster » un peu ton cerveau droit et voir ce que ça donne dans ta vie de tous les jours? Voici quelques petits exercices!
Faire du gribouillage
Utiliser sa main non dominante
Écrire de la fausse écriture
Dessiner quelque chose sans le lâcher des yeux, c’est-à-dire sans regarder sa feuille de papier
Fermer les yeux et visualiser quelque chose
S’évader sans ses pensées pour 10 minutes et laisser son imagination vaguer et prendre conscience d’où il va
Prendre 5 photos de trucs qui ont capté ton attention durant la journée
Écouter la conversation des gens sans les regarder
Faire de l’écriture automatique
Essaie quelques exercices tous les jours pendant 1 semaine et je suis persuadée que tu vas ressentir quelque chose de différent en toi.